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A la rencontre de Jean D.

Posté le 14/07/2026 • Catégorie : A la rencontre des auteurs

Jean D., vous êtes l'auteur du livre Enfance Abusée publié avec Le Livre en papier.

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

À 71 ans, je suis aujourd’hui retraité. Je vis en logement social avec mon épouse, et nous exerçons l’activité de gardiens d’immeuble. Dès l’âge de 15 ans, j’ai travaillé dans le secteur du bâtiment (peinture, chauffage, toiture, plomberie). Ce n’est pas que je n’aimais pas l’école, mais j'étais un enfant difficile et je n’arrivais pas à suivre. Je portais en moi un conflit intérieur que je ne comprenais pas. C’est au fil du temps, en me questionnant, que j’ai commencé à décoder mon comportement : je pouvais être quelqu’un de profondément gentil, tout en cherchant paradoxalement du réconfort dans des actes délictueux.

Quand avez-vous commencé à écrire ?

J'ai commencé lors de ma première incarcération à la prison de Forest, car il me fallait aider mon avocat à défendre ma cause. J’ai alors entrepris d’écrire mon histoire : mon parcours d'enfant placé en institution (les homes) et le décès de mes parents alors que j’avais 15 ou 16 ans. À ma sortie à 21 ans, livré à moi-même, j’ai rejoint une bande de jeunes. J’étais insouciant, et mon avocat a eu beaucoup de peine à me défendre. C’est lors d’une seconde incarcération, suite à une attaque à main armée, que j’ai compris le lien entre mes actes et des traumatismes plus profonds liés à ma construction identitaire. J’ai demandé au juge une observation psychiatrique, mais les experts n’ont rien décelé, d'autant que je n’arrivais pas à extérioriser mon ressenti. Reconnu responsable, j’ai été condamné à 5 ans de prison ferme. J’ai profité de ce temps pour suivre des cours par correspondance (français et mathématiques) avec la Communauté française. En parallèle, je me suis mis à écrire mon histoire, corrigée par un professeur qui m’épaulait. Des centaines de pages ont ainsi vu le jour, nourries de profondes réflexions sur les racines de mon parcours de délinquant.

Quelle étape vous a paru la plus facile et celle qui vous a paru la plus difficile lors de l’écriture de votre livre ?

Rien n’était facile. Je faisais beaucoup de fautes d’orthographe et j’éprouvais de grandes difficultés à m'exprimer et à structurer mes phrases. Mon correcteur reprenait et améliorait mes textes, tout en m'invitant à réfléchir à la suite du récit

Aimez-vous lire ? Beaucoup de gens croient qu’il faut beaucoup lire pour écrire. Qu’en pensez-vous ?

Je n’ai jamais aimé lire, et c’est encore le cas aujourd’hui. Pourtant, le fait d’écrire mon histoire m’a aidé, pas à pas, à comprendre qui j’étais et à mieux me contrôler. Grâce à cela, j’ai rompu avec la bande de jeunes et mes anciens compagnons. J’ai quitté Bruxelles pour reconstruire ma vie dans la province de Liège. À cette époque, je n'avais pas encore conscience de la portée qu'allait prendre mon récit.

Combien de temps avez-vous laissé murir votre projet et quel a été l’élément déclencheur qui vous a poussé à prendre la plume pour l’écrire ?

Après avoir terminé mes formations professionnelles, je travaillais comme ardoisier et je m'étais installé en ménage avec mon épouse. C’est alors qu'une ASBL m’a proposé un poste d’ouvrier d’entretien. Là-bas, soutenu par mon employeur, j’ai pu me replonger dans l’écriture. Le véritable déclencheur a été une phrase lue par hasard : « Pour la participation des personnes handicapées à la société… ». Ces mots ont résonné en moi. Ne m'étais-je pas senti moi-même comme un « handicapé de la société », sachant à peine lire et écrire ? Je pense que lorsque l’on manque d’instruction et que l'on grandit dans la confusion, on peine à comprendre ce qui nous dévie de notre nature humaine. Il me fallait comprendre. Je voulais faire de mon histoire un ouvrage pédagogique pour aider les futurs professionnels de l'enfance et de l'adolescence à mieux décoder le comportement des enfants en souffrance.

Avez-vous d’autres projets de livre(s) en cours (suite, nouvelle saga, etc.) ? 

Non. Ce livre, L’enfance abusée, est le premier et le dernier. Mon souhait est de l'offrir aux jeunes ainsi qu'aux professionnels du secteur qui œuvrent chaque jour pour le meilleur épanouissement de l’enfant dans notre société.

Comment faites-vous votre promotion ? (Réseaux sociaux, presse, salons et foires du livre, démarchage dans les points de vente, etc.)

Pour l’instant, je ne fais pas de promotion classique. J’ai choisi d’offrir cet ouvrage directement à des acteurs clés : des juges, des psychologues, la ministre de l’Enseignement, le délégué général aux droits de l’enfant, ainsi qu'aux Services d’aide et de Reclassement. J’attends leurs retours d'ici la fin du mois de septembre 2026.

Quels conseils ou astuces donneriez-vous à un auteur qui souhaite publier un livre ?

Je n’ai malheureusement pas de conseils techniques à donner. En revanche, à tous ceux qui cherchent à comprendre un comportement qui leur semble anormal, je conseille vivement de poser leur histoire par écrit. C'est une démarche puissante pour se découvrir et apaiser ses souffrances. Même si l’ouvrage n’est jamais publié, cet exercice constitue une thérapie formidable pour apprendre à mieux se maîtriser.

Comment avez-vous découvert Le Livre en papier ?

C’est un ancien éducateur et assistant social qui m’en a parlé. Il m’a accompagné dans la préparation de l'ouvrage jusqu’à sa publication. Pour lui, la boucle est ainsi bouclée.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition avec Le Livre en papier ?

J’ai choisi Le Livre en papier pour la grande simplicité de la plateforme et pour la qualité du suivi, qui permet des contacts directs, humains et rapides, que ce soit par téléphone ou par e-mail.

Comment décririez-vous cette expérience ?

C’est une expérience fabuleuse, qui vient poser un point final libérateur à de très nombreuses années d’écriture.

Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?

Rien du tout. Même si j’ai beaucoup pleuré durant les moments difficiles et qu'il est douloureux de raconter le parcours d'une enfance abusée, cette démarche m'a permis de comprendre les dangers que ces traumatismes font peser sur la vie d’adulte. Aujourd’hui, grâce à ce cheminement, je suis un homme heureux.

Recherches connexes : Jean D.publier livreécrire un livre

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