Maltraitée, j’ai fait confiance. Je me suis construite sur une base caduque. Que faire avec une chaise à deux pieds ? Est-ce qu’une « bonne » claque souveraine porte ses fruits finalement ? Oui, peut-être, pour celui qui la donne. Et encore !
-Celui qui la reçoit l’a bien mérité, à la fin !
Est-ce que j’apprends à grandir, à savoir, à savoir-faire, à savoir-être sous les coups, les insultes, les injonctions, la dévalorisation ?
Est-ce que je peux apprendre avec la peur vissée au corps ?
Oui, bonne élève, j’ai bien appris, à ne pas être moi, à être un pion, à être soumise. Violentée, j’ai avancé boiteuse, bossue, fragmentée dans tous les domaines de ma vie et j’ai appris sous couvert de frustrations diverses. La conséquence de cette maltraitance est qu’elle m’a empêchée tous les épanouissements possibles. J’ai manqué de confiance en moi, je ne comprenais pas ce qu’était l’honnêteté.
Cherchant la connexion à tout prix, j’envahissais malgré moi mon entourage, mes rencontres, mes échanges…
La maltraitance emprisonne le sujet dans une spirale pour le conduire à vivre chargé d’un boulet, d’un fardeau. À l’âge de 67 ans j’en ressens, encore souvent, le poids. J’étais toujours comme une guetteuse qui rêvait d’être libre de ses mouvements, de ses idées mais qui, guidée par la peur, restait vigilante, les antennes constamment en alerte, de crainte d’être blessée. Je préférais blesser l’autre, les personnes que j’aimais, quitte à les faire fuir en réveillant, en moi, le sentiment d’abandon.
Comment ai-je fait pour vivre ? Quand la peur s’installe, la fuite devient la seule issue. Rien d’original, tout le monde le sait : devant la lionne la gazelle s’enfuit.
Après la fuite vient la prise de conscience du boulet que je portais en moi. J’ai alors choisi d’autres objets de soumission destructrice : l’alcool, la drogue, l’obsession sur des objets ou sur les personnes, selon les situations. Je me suis laissée glisser dans ces emprises.
Parfois, un petit déclic faisait « clac » dans mon esprit : une minuscule prise de conscience, un grain de sable, la rencontre d’une personne, les paroles d’une chanson… et voilà qu’apparaissait un léger bouleversement dans l’enchaînement où je m’étais empêtrée, voire vautrée !
Cette toute petite chose s’insinuait et devenait tout-à-coup importante, essentielle, existentielle, vitale !
D’où m’est venue la pulsion pour sortir de ce cercle vicieux ?
Est-ce qu’un jour on peut faire confiance à quelqu’un ?
Pourquoi une personne s’en sort-t-elle mieux qu’une autre ?
Mon expérience de vie donne un petit aperçu d’un parcours, somme toute, bien ordinaire mais unique. Mon corps, mes cellules, mon senti, mon ressenti m’ont guidée au fil de nombreuses thérapies et de rencontres extraordinaires.
| Auteur : |
Dominique Neirinck |
| Catégorie : |
Biographies, Mémoires - Autobiographies |
| Format : |
Poche (11 x 18 cm) |
| Nombre de pages : |
212 |
| Couverture : |
Souple |
| Reliure : |
Dos carré collé |
| Finition : |
Brillant |
| ISBN : |
978-2-8083-4228-5 9782808342285 |