Je traverse actuellement la déprime estivale des terrasses. Déprime exacerbée par les rires anonymes forcés que je croise à chaque carrefour. Cet écho visqueux rassemble certains fantômes du passé s’agitant dans un langage qui frôle la télépathie. En ralentissant, je jette un bref regard pour feindre de m’intéresser encore au monde qui m’entoure. J’essaie de redonner du sens aux mots perdus dans le bruit. La bande du film se déroule dans un chuchotement mécanique rassurant, et tout ce qui n’était qu’illusion devient de plus en plus réel. Je reprends ma route, à la recherche de la douce brise qui me sauvera de cette frénésie. Quelle ironie de souhaiter la fin de ce que l’on garde silencieusement enfoui en nous, comme un puzzle inachevé.