Livre: « l’homme, ce néguanthrope langagier » - argument de présentation
Pari
Quand on lit un nouvel ouvrage en sciences humaines, en anthropologie nommément, même si la mienne se veut essentiellement transdisciplinaire, on espère, je le suppose, trouver quelque aliment théorique nouveau, et même peut-être renouvelant ou inédit.
Tel est donc mon pari, à commencer par cette tentative transdisciplinaire, puisque ce travail articule tout de même, la philosophie des sciences, la « science » politique - plutôt hegeliano-marxiste - les sciences sociales historique ou sociologique et la psychanalyse que freud appela un jour sa « jeune science » !
D’où ce sous-titre qui pourrait sembler très excessif : essai d’unification des champs scientifiques en anthropologie, s’il prétendait fusionner les principes de la thermodynamique avec ceux de la biologie génétique et, allons-y, avec les domaines de la linguistique ou de l’anthropologie structurales, mâtinés de matérialisme dialectique et de métapsychologie freudienne et lacanienne..
Donc pas de monstre épistémologique dans les lignes qui vont suivre, mais en effet la mobilisation de toutes ces disciplines pour rendre raison de l’unité de « l’histoire du réel universel », mais également de sa déclinaison en grandes périodes ( « inerte », vivante-naturelle, langagière humaine ), s’engendrant les unes à partir des autres pour édifier des neguentropies, certes spécifiées à chaque fois par leurs structures de code ( code génétique du vivant-naturel, code langagier le subsumant dans le « réel langagier humain » ).
Neguentropies, cela consiste à direz que chaque déclinaison du réel universel se constitue aussi parce que s’avérant, en définitive, la meilleure édification neguentropique possible à une période et dans une configuration données de ce réel universel.
Son code, prenons l’exemple du code génétique, s’avère produire la meilleure édification d’énergie /matière, ici la vie, capable de se former et de se développer dans sa forme, en payant suffisamment pour ce faire la taxe à l’entropie ( comme le propose l’historien des sciences David Christian ) réclamée par le principe thermodynamique universel.
Or, il en va parfaitement de même pour Sapiens, dont nous proposons dès lors logiquement qu’il constitue en définitive « le meilleur néguentrope » de sa planète, et peut-être de l’univers, à l’heure actuelle !!
Que ce soit le langage qui lui ait attribué un tel titre s’accordera tout à fait avec ce que nous venons de dire des structures de code, spécifiant en tant que telles les différentes déclinaisons du réel universel et leurs dynamiques énergético-informationnelles, chaque fois semblables et différentes ( thermodynamique pure, bio dynamique, énergie psycho-pulsionnelle humaine ) et toujours croissantes.
Après avoir, pour ces raisons mêmes, « gagné » la compétition de la sélection naturelle darwinienne, Sapiens ne va plus se contenter, comme ses prédécesseurs primates et autres, de cueillir et de chasser ses congénères des autres espèces vivantes pour s’alimenter de leur énergie, mais, en fabuleux néguanthrope langagier qu’il est, il va les « exploiter » pour en prélever la force de travail à long terme, et il en fera de même, mutatis mutandis, avec les énergies organiques fossiles lors de sa révolution industrielle moderne, jusqu’à ce qu’il se montre capable de produire nucléairement, notamment, sa propre énergie autonome potentiellement infinie !
Mais ce n’est pas tout bien sûr, il va aussi, comme nous le savons, exploiter ses propres congénères humains, au sein même des groupes ethno-culturels qu’il aura constitués, ou en s’emparant de ses congénères des autres groupes, de leurs terres, biens, sous-sols, femmes, esclaves ou colonisés ( aujourd’hui, on ne colonise plus autant mais on utilise possiblement la main d’œuvre émigrée à moindre coût et on s’octroie si possible des concessions minières ou pétrolières par la concurrence ou la pression géopolitique et militaire ).
Qui mieux est, car nos punchlines théoriques ne s’arrêtent pas en si bon chemin, c’est en exploitant tous azimuts ses milieux, inertes, naturels, humains, en développant des systèmes d’exploitation de plus en plus techno-scientifiquement performants et productifs, en promouvant des suprématies non moins techno-scientifiques, culturelles et militaires vis-à-vis de ses congénères ethno-culturels étrangers et antagonistes, que Sapiens produit son expansion énergético-informationnelle générale en permanente expansion neguentropique.
Mais qu’est-ce qui pousse notre sapiens à ainsi toujours se rendre au-delà de lui-même et de cette façon, sinon son gros cerveau et la psyché pulsionno-langagiere qui le « remplit » essentiellement ( avec ses productions symboliques et cognitives ) ?
C’est là que le dispositif freudo-lacanien intervient, avec ses fantasmes pulsionnels, ses désirs inconscients, sa structuration psycho-sociale œdipienne ou post œdipienne du petit d’homme et de femme, toutes ces formations de l’inconscient trouvant à se projeter dans les désirs et jouissances socio-politiques des êtres parlants, en termes de pouvoirs et de profits, d’accaparements et d’exploitations, eux-mêmes très variables, comme les psychés individuelles et collectives, aux différents temps de l’expansion anthropologique humaine.
En fait la psyché humaine va muter, en même temps que les ordres symboliques langagiers humains et leurs structures de code (oral-groupal, scriptural-religieux antique et classique, scientifique moderne, numérique postmoderne), leurs types d’extraction ou de production de l’énergie, les formes d’exploitation des uns sur les autres et sur le moindre atome inerte ou vivant de la planète ( ce qui risque de la détruire à moins que notre néguanthrope ne trouve les moyens scientifiques de sa réparation et/ou de sa suppléance..! ).
Qu’à la fin ( provisoire ), l’on se retrouve avec une intelligence machinique (IA) introduisant le calcul dans toutes les entreprises humaines, une production énergétique potentiellement illimitée, un nouveau code numérique s’hybridant de plus en plus avec le code langagier primordial, une nouvelle conquête d’exploitation du monde passant par la domination par les forces géopolitiques dominantes contemporaines des nouveaux vecteurs énergétiques et numériques de cette domination, tout ça soutenu par un sujet pulsionnel « déconstruit » et se réinventant cependant, c’est ce que tous nos développements théoriques inédits antérieurs pourraient nettement mieux nous aider à comprendre.
Cela aura été du moins mon pari de départ, dont seul le lecteur passionné et avisé pourra dire s’il a été, ou non, au moins en partie, tenu !
| Auteur : |
Stéphane Grynbaum |
| Catégorie : |
Sciences humaines |
| Format : |
A5 (14,8 x 21 cm) |
| Nombre de pages : |
130 |
| Couverture : |
Souple |
| Reliure : |
Dos carré collé |
| Finition : |
Brillant |
| ISBN : |
978-2-8083-4010-6 9782808340106 |