Le Livre en papier • Loin des regards indiscrets de Nathan Delie

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Loin des regards indiscrets
Loin des regards indiscrets nous emmène dans les pensées et les émotions d’une femme dont on ne connaît ni l’identité ni le lieu de vie. Elle porte à son mari décédé quelques années plus tôt une dévotion sans faille. À l’inverse, elle entretient une relation difficile avec sa fille unique, Adriana.
Un événement particulier amènera cette dame à voyager, à remettre ses certitudes en question, et à évoluer dans une direction imprévue.
L’univers mental et la façon singulière d’être au monde de cette femme constituent le fil rouge de ce roman intimiste tout autant que sa quête de sérénité.
Prix : 15,00 €
Tous les prix incluent la TVA
Voici un extrait du roman représentatif du style de l'auteur:
"Le repas, qui s’est révélé être aussi goûteux que consistant, s’est achevé de manière très
agréable, dans la douceur et la bonne humeur. Nous sommes sortis du bistrot alors qu’il faisait
tout à fait noir après qu’il ait payé l’addition pour nous deux, bien que je me sois proposée
également de l’inviter. Et dans sa distinction, il m’a proposé de me raccompagner jusqu’à
mon domicile en voiture, étant donné qu’il était venu avec la sienne, s’étant parqué non loin
du petit restaurant où nous nous sommes rassasiés. Après un premier refus purement formel
et, il faut bien le dire, idiot, j’ai accepté de me laisser conduire, d’abord jusqu’à son véhicule,
sous un parapluie qui nous protégeait du crachin persistant, et, de là, jusqu’à l’appartement de
l’immeuble où je loge, après un trajet d’une vingtaine de minutes pendant lequel nous avons
prolongé plaisamment nos échanges. Ils se sont conclus alors que nous étions arrivés devant
ma résidence par la promesse de se revoir très prochainement, dans un autre lieu
probablement, mais avec tout autant de joie à coup sûr. Nous nous sommes quittés sur un
regard épris qui en disait long sur les sentiments de chacun. Je suis sortie de la voiture, puis je
suis rentrée dans l’immeuble, et de là, je suis allée vers mon appartement, sans me retourner
pour le saluer une dernière fois depuis la baie vitrée, car je ne voulais pas que se remarquent
sur mon visage les premières larmes d’émotions jusque-là contenues qui commençaient à
couler. Ces émotions, elles étaient si mêlées et contrastées qu’il m’est difficile de discerner
dans ce maelström ce que je ressentais vraiment. Du bonheur, certainement, puisque le
ravissement éprouvé quelques semaines plus tôt à son contact ne s’est pas démenti. Une
certaine allégresse impatiente à l’idée que cela continue. Mais aussi une peur, celle de
l’inconnu et des perspectives encore brumeuses que m’offre ce début de relation. De la
tristesse également, en pensant à toutes ces années perdues. Et puis par-dessus tout cela, un
immense soulagement à l’idée que je puisse vivre des jours heureux. Pour éviter de trop
penser à tous ces sentiments, à la fois complémentaires et contradictoires, je me suis décidée à
aller dormir. Je me suis habillée d’une robe de chambre, et je me suis échouée sur mon lit,
fourbue. Je pensais pouvoir sommeiller comme une pierre toute la nuit, mais hélas, alors que
j’étais à peine assoupie, une mouche s’est mise à m’agresser par des va-et-vient
insupportables qui m’ont réveillée rapidement. J’ai bien remué, tenté de la faire fuir, mais
cette bête minuscule et immonde parvenait à revenir sans cesse, et de manière irrégulière,
adoptant ainsi malgré elle la stratégie la plus efficace pour briser mon sommeil. Après
plusieurs heures d’allers et retours de sa part, au comble de l’énervement et de l’impatience,
prête à assassiner cette maudite bestiole, je me suis levée et j’ai allumé la lumière de ma
lampe de chevet en prenant soin d’orienter son halo vers le mur. Et là, pour mon plus grand
plaisir, l’hideuse créature est venue se lover dans ce bain de lumière qui, je l’espérais, lui
serait bientôt mortel. Elle se frottait les pattes, comme satisfaite. J’eus tôt fait de couper court
à son apparente gaieté en l’écrasant à l’aide d’une chaussure posée aux côtés de mon lit. Son
corps meurtri est retombé mollement sur le parquet, et j’ai enfin pu reposer tranquillement
dans mon nid douillet pour le restant de la nuit. Le lendemain matin est passé à me battre
contre mon réveil. Lorsqu’il sonnait, je lui tapotais doucement dessus, et s’il prolongeait
l’affreux signal qu’il était censé produire, je me mettais à lui asséner des coups plus brutaux
afin d’être certaine de lui couper la possibilité de reproduire son tintement exaspérant. Une
fois sûre qu’il était muet, je le réglais alors depuis mon lit, pour qu’il sonne à une heure plus
tardive. Et une fois que cette heure était atteinte, il renouvelait le cancan insupportable que
j’avais programmé pour lui. Alors, encore ensommeillée et sans aucune intention de me lever,
je répétais ce même comportement pour donner un sursis supplémentaire à mon sommeil, et
ainsi décaler encore un peu plus mon véritable éveil. Une fois que j’eus enfin rassemblé le
courage nécessaire pour démarrer ma journée, je me suis levée, habillée et me suis munie d’un
mouchoir pour saisir sans contact direct le cadavre gisant du misérable insecte volant qui
m’avait dérobé la première partie de ma nuit. Je l’ai jeté à la poubelle sans autre révérence
qu’une injure proférée pour dernier adieu. Bon débarras ! Ce qu’une si petite chose peut
provoquer, c’est impressionnant tout de même. J’ai toujours été interpelée par l’importance du
minuscule dans une existence. Un détail et une journée est retournée, une broutille et une nuit
est impactée. Et les effets de ces petits riens, accumulés, multipliés, peuvent êtres
gigantesques, sans que l’on puisse toujours donner en fin de compte à ces conséquences une
cause identifiable du fait de leur apparente insignifiance. Mais aujourd’hui, ma nuit troublée
par ce nuisible sera sans répercussion particulière si ce n’est une fatigue un peu plus marquée
qu’à l’habitude tout au long de la journée. Ce n’est pas grave, car je n’ai pas besoin d’une
énergie considérable pour accomplir les tâches que je m’étais fixées. Elles consistent en de
petites actions indispensables de la vie quotidienne, divers achats de nourriture pour les jours
à venir, quelques réorganisations pratiques de l’appartement, un petit peu de nettoyage pour
assouvir mes tendances maniaques, et puis, pour finir, un temps de loisir passé à la peinture
d’un paysage. Lors de chacune de ces activités, pendant toutes ces occupations, je pense à lui.
Je ne peux m’empêcher de me questionner sur ce qu’il fait, ce qu’il ressent, et puis je me
demande s’il pense à moi, lui-aussi. J’ai tendance à croire que oui, même si je ne pourrais le
certifier, bien évidemment. Cette connexion, je la souhaite. J’aimerais être à nouveau à ses
côtés, sentir qu’il est là, tout près de moi. Vivre pour soi-même, c’est si difficile ; tandis que
lorsqu’on sent la présence de l’autre, attentive, aimante ; lorsqu’on sait qu’une âme jumelle se
tient à côté de soi, protectrice et enveloppante, il n’est plus une seule question à se poser. Tout
est évidence, clarté et légèreté, plus rien n’est sombre, plus rien ne manque, plus rien
n’effraie. C’est cette union harmonieuse et parfaite que je voudrais revivre, même si, au fond,
je la sais impossible. Mais, saisie d’une passion nouvelle et rafraichissante comme je le suis,
tout argument rationnel qui tempèrerait cet idéal fusionnel m’est irrecevable."
Auteur : Nathan Delie
Catégorie : Romans & Essais - Contemporain
Format : A5 (14,8 x 21 cm)
Nombre de pages : 239
Couverture : Souple
Reliure : Dos carré collé
Finition : Brillant
ISBN : 978-2-8083-0685-0
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Nathan Delie L’auteur, Nathan Delie, a démarré l’écriture de ce premier roman en juillet 2017 à l’âge de 17 ans, après avoir reçu la... Tous les ouvrages de cet auteur »
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